Une vie à 200 km/h

Chapitre 4




Ca doit faire 10 minutes qu'on s'acharne sur ce pauvre gars, à chercher comment dégager sa jambe. Lena m'aide beaucoup et essaye de lui donner le plus de soin possible par rapport à la situation.

Je sens quelque chose me taper dans le dos. Je me retourne et vois Mayun qui me dit :

"C'est le dernier celui-là" en me montrant de la tête mon blessé dans la voiture. "Les autres sont tous dans les ambulances ou déjà à l'hôpital. Besoin d'un coup de main ?"
"Non, il est presque dégagé et il n'y a pas énormément de place ici. Allez-y déjà, je m'occupe de lui et pars avec la dernière ambulance, on se retrouve à l'hôpital"
"T'es sur ?"
"Complètement. Allez go, on n'a pas de temps à perdre"

Et je retourne à mon blessé pendant que je le vois monter dans l'ambulance et faire un signe au chauffeur et à Sati, pour le suivre avec le camion de pompier. Il ne reste donc plus que mon blessé, Lena et une ambulance avec 2 infirmiers et un chauffeur qui viennent nous aider.

"Ok, monsieur, écoutez-moi bien. Votre jambe est presque dégagée. Les 2 infirmiers vont soulever la partie qui bloque votre jambe et on va vous tirer de là. Ca risque de faire un peu mal. Criez tant que vous voulez."

J'aime bien leur dire de crier. Je sais que ça aide à de crier. C'est comme dans les grands manèges à sensations, quand tu cries ça va beaucoup mieux.

"Ok. 1… 2… 3"

Les infirmiers levèrent la tôle et 'la rousse' et moi tirons le gars de la voiture. On le pose au sol et les infirmiers vont chercher la civière.

Lena me regarde. Je viens de me rendre compte que j'ai crié en même temps que le jeune qu'on sortait. Je ressens une douleur à la main. Je la regarde et Lena se rapproche.

"Ca va ?"
"Oui, c'est rien. J'ai dû me couper sur un morceau de tôle pendant qu'on tirait. Ca va aller. Il faut qu'on s'occupe de lui"

Je me dis qu'on va enfin pouvoir rentrer au chaud. Que je commence à en avoir marre de toute cette pluie. Mes cheveux d'habitudes coiffés en piques sont tout aplatis. J'ai l'air de quoi comme ça.

On entre dans l'ambulance. Pendant que le chauffeur démarre, les 2 infirmiers et ma collègue regardent les blessures de la jambe. Ma belle rousse se retourne vers moi et regarde ma main que j'enroule dans un morceau de tissu que j'ai trouvé dans l'ambulance.

"Je vais regarder votre main dès que j'ai finit"
"Ca ira. Ne vous inquiétez pas pour ça. Lui d'abord"

On arrive très vite à l'hôpital. Le blessé est pris en charge par d'autres médecins. Je vais me prendre un café chaud dans la salle de repos des médecins. Je suis encore toute mouillée mais le café me fait du bien. Lena s'approche de moi.

"Je peux regarder votre main maintenant ?"

Je ne sais pas pourquoi j'ai toujours le besoin de faire ma dure, celle qui n'a pas le droit de souffrir. Sûrement parce que ça serait montré ma faiblesse face aux hommes qui travaillent avec moi, face à mon métier.

"Je n'ai pas trop le temps là. On ne va pas tarder à retourner à la caserne et je crois que j'ai surtout besoin de me changer."
"Il faudrait quand même que quelqu'un la regarde. Ca a quand même beaucoup saigné."
"C'est déjà finit. Ca saigne plus."
"Ok. Mais s'il y a quoique ce soit, revenez me voir"
"D'accord, je n'y manquerais pas."

Elle me sourit. Ces yeux sont vraiment verts, maintenant, je le vois mieux sans la pluie. Elle est vraiment très belle. Je sens comme quelque chose entre nous. Mais je ne préfère pas m'avancer trop vite.

"Ca ne doit pas être facile de travailler dans une caserne. Il ne doit pas y avoir beaucoup de fille"
"Effectivement, je suis là seule. Mais, ça va, ils ne sont pas trop durs avec moi. J'ai su me faire respecter"

C'est à ce moment là que Sati a décidé d'intervenir.

"Volk, t'es prête ?"
"J'arrive."

Je me retourne vers Lena.

"Volk ?"
"Oui Volk pour Volkova. Yulia Volkova. Bon ben, j'y vais, on se reverra de toute façon" lui dis-je en lui faisant un clin d'œil. Non pas que je suis persuadée de sortir avec elle, mais j'ai souvent des interventions qui me mène à cet hôpital et que maintenant que j'ai vu cette beautée, je ne risque plus de passer à côté.