Lena qui avait pourtant voulu se coucher, ne s'endormit pas tout de suite ce soir-là. Elle pensait à sa vie future. Maintenant qu'elle était partie, la machine était lancée, elle ne pouvait plus faire marche arrière. S'il se passait la moindre chose avec Yulia s'en était fini pour elle. Elle se retrouverait à la rue, ne pouvant demander de l'aide à personne, surtout pas à ses parents qui la haïssaient tant. Beaucoup de questions s'entrechoquaient dans sa tête. La fatigue l'envahissait peu à peu, lui donnant des idées de plus en plus noires, donc elle jugea bon de s'endormir. Elle ne mit pas longtemps et déjà fut-elle bercée par les bras de Morphée.
Les filles se reposèrent jusqu'au lendemain matin, tard dans la matinée. Quand Lena ouvrit ses yeux, encore bordés de larmes, elle se trouvait seule dans ce grand lit froid. Seule dans une grande pièce qu'elle n'avait vue que trente secondes éclairée le soir d'avant. Elle crut d'abord que tout ce qu'elle avait vu était un rêve. Soudain, elle se leva en sursaut du lit et dévala l'escalier à toute vitesse. Elle savait, à présent, qu'elle se trouvait dans cet appartement si grand et qu'elle n'avait pas rêvé. Tout était bien la réalité, cependant elle ne voyait pas Yulia et, pour la trouver, elle hurla son nom dans tout l'appartement.
Personne ne répondait à ses appels, le hangar était très silencieux, aucun bruit même pas aux alentours. Elle remonta s'habiller, quand soudain elle entendit le grincement de la porte d'entrée. Elle descendit en courant et vit Yulia qui tenait un plateau. "
_Mais où étais-tu encore passée ? Je croyais que tu m'avais abandonnée ici ! cria Lena désemparée.
_Hey oh ! Qu'est-ce que t'as ? Je préparais le petit déj. et comme je n'avais plus de lait je suis allée en chercher chez ma grand-mère ! Où est le problème ? Tu vas quand même pas me faire une scène pour ça, si ? répliqua Yulia vexée, sur ses gardes. _Excuse moi, mais j'avais tellement peur d'être à nouveau sans toi…J'ai eu très peur ! Mais tu n'aurais pas du te donner tant de mal pour moi…s'exclama la petite rousse.
_Ce n'est pas grave, mais ne t'en fais pas, moi non plus je ne veux plus te perdre ! PLUS JAMAIS ! Viens maintenant, on va manger un peu…dit Yulia en souriant. "
Les deux jeunes filles savouraient leur petit-déjeuner ensemble comme ceux qu'elles partageaient en classe verte. Cela faisait tellement longtemps qu'elles rêvaient d'être à nouveau ensemble. La grand-mère de Yulia jugea nécessaire que les filles restent cachées un moment, surtout Lena, sous peine d'avoir une foule d'ennuis.
Veronika qui n'allait que sur ses quatre-vingts ans, décida d'aller jeter un œil en ville pour voir où en étaient les choses. En se rendant en ville, elle découvrit des affiches noires et blanches sur lesquelles se trouvaient Lena et un numéro de téléphone. La police avait donc commencé les recherches, sans relâche, dès le premier jour. Personne n'y faisait réellement attention, mais cela représentait quand même un danger pour Lena. Elle devait à présent se méfier de chaque personne et vérifier tous ses déplacements, même si ce n'était que pour s'acheter à manger. Désormais Yulia et elle devaient vivre en permanence comme des fugitives. Toutefois elles préféraient vivre leur amour dans l'ombre que de vivre en liberté sans connaître ce qu'elles vivaient. Rien ne valait ça, rien du tout. Il était convenu que Yulia se charge des courses extérieures et que Lena s'occupe de la maison et de la cuisine. Cela ne la dérangeait pas de vivre dans l'ombre, tant qu'elle était avec sa bien aimée. Veronika les aidait autant que possible, car elle vivait à travers ces deux jeunes filles ce qu'elle avait toujours rêvé de vivre. Rien ne pouvait être plus beau que de voir deux filles s'aimer. Elle pouvait donner de l'amour à la seule et unique personne de sa famille qui lui adressait encore la parole. Après tellement d'années où elle avait vécu sans personne, sans affection, elle avait trouvé deux personnes qui étaient capable de la comprendre. Elle en était plus fière et heureuse, elle gardait ça pour elle, mais elle serait incapable un jour de remercier sa petite fille pour tout ce bonheur. Cela la rendait si joyeuse, elle en oubliait l'amertume qui avait prit son cœur durant les années passées.
L'hiver approchait à grands pas et le bois coûtait très cher en Russie. La maison de Veronika était, elle aussi, très grande et son isolation commençait à se faire vieille. Il ne restait plus beaucoup d'économie pour payer le chauffage ou le bois. Et pourtant tout le monde savait que l'hiver serait très rude et qu'il fallait s'en sortir.