Vivre caché

Chapitre 5




Le lendemain matin, Yulia se réveilla avec un sourire aux lèvres, elle était de très bonne humeur car elle avait enfin pu se confier à quelqu'un en qui elle avait à présent confiance. La confiance était une chose importante pour elle, et elle ne l'accordait qu'à très peu de monde. D'ailleurs elle mettait beaucoup de temps avant d'en être sûr. Elle avait décidé de suivre le conseil de son ami, qui était donc de plaquer Pacha. Quand il vint chercher Yulia à sa chambre le matin, elle le prit par la main et le traîna jusqu'à dehors. Elle lui fit signe de s'asseoir, alors il suivit son ordre et elle lui dit : " Pacha il faut qu'on parle ". Il savait très bien que rien de bon n'allait sortir de cette discussion, car ces mots annoncent que très rarement une bonne nouvelle. Mais avant qu'elle ne puisse dire quoi que se soit, il l'embrassa une dernière fois. Alors Yulia se laissa faire et lui dit : " Je crois que tu as compris…mais je veux que nous en restions là. J'espère que tu ne m'en veux pas. " Il hocha la tête pour dire non et baissa les yeux au sol. Yulia lui fit un bisou sur la joue tout en se levant pour le consoler et s'excuser, puis s'en alla pour être un peu seule. La journée se déroulait bien jusqu'à l'heure du repas. Lena lui fit signe de venir s'asseoir à côté d'elle pour manger. Yulia ne se souciait pas des autres majorettes et de leurs mesquineries, elle rejoint Lena. Elle se trouvait à la même table que des filles qui l'avaient toujours détestée, et qu'elle n'aimait pas beaucoup plus.
Elle fut accueillit par de grands sourires, ce qui l'étonnait beaucoup. Dans un premier temps, tout se passa bien. Bien sûr il y avait quelques regards et réflexions vexantes, mais toujours Lena défendait Yulia. Par la suite, Olga, la plus jeune des majorettes commença à insulter Yulia de toutes les manières possibles. Pour ne pas la frapper ou répondre de façon très agressive, la brunette couru dehors pour se calmer. Lena hurla contre Olga puis après quelques secondes, finit par la rejoindre. Elle était assise par terre, elle avait remonté ses genoux vers son torse et sa tête était entre ses mains. Lena s'assit à côté d'elle et lui dit : "
_Je suis désolée de ce qu'elle a dit, je ne sais pas ce qui lui a prit !!! d'une petite voix
_Ca ne fait rien ! J'ai l'habitude tu sais ! Seulement je n'ai rien dit pour ne pas que tu m'en veuilles, toi aussi.
_Allez, on oublie tout ! La prochaine fois on mangera toutes les deux, tu veux bien ?
_Ouai, comme ça on sera tranquille. "
Pour la première fois, depuis qu'elle se connaissait et ça devait bien faire une année, Lena serra Yulia très fort dans ses bras.
Le programme de la soirée était : soirée libre. En effet, chacun était libre de faire ce qu'il voulait. Yulia avait décidé de rester dans sa chambre pour écouter de la musique et écrire un peu. Quant à Lena, elle était allée se promener avec ses amies les majorettes. Vers vingt deux heures, Lena entra dans la chambre à toute vitesse en claquant la porte contre le mur et se jeta sur le lit. Yulia qui avait suivi toute la scène, se leva pour fermer la porte à clef. Elle s'avança jusqu'au lit de Lena et s'assit sur le bord du matelas. Elle lui demanda d'une toute petite voix inquiète : "
_Mais qu'est ce qui se passe ? Pourquoi pleures-tu ?
_Pour rien…laisse-moi !!! " Lena avait du mal à parler, elle sanglotait. La brunette comprit qu'elle était en colère, mais elle ne put pas la laisser dans cet état. Alors elle tira Lena vers elle pour qu'elle s'asseye dans le lit et elle dit : " Je comprends que tu ne veuilles pas me parler mais laisse-moi au moins te consoler. " Tout en terminant cette phrase, Yulia prit la rouquine dans ses bras en la serrant très fort. Elle semblait d'ailleurs y trouver du réconfort. La petite rebelle venait alors de se rendre compte d'une chose…elle était tombée amoureuse de Lena. Les larmes tombaient en cascades sur les épaules de Yulia, quand soudain la rouquine lui lança : "
_Je n'aurais jamais cru que tu pouvais être aussi compréhensive et gentille…ne prends pas mal ce que je viens de dire !
_Non, c'est vrai, je te comprends…
_Mais tu vois, tu n'es pas comme les autres. J'ai peut-être des amies, mais quand ça ne va pas, personne ne m'a jamais consolé comme tu le fais. Ils sont juste mes amis parce que je suis populaire.
_Moi je trouve normal de consoler quelqu'un. Mais quand je suis triste, bien que je ne le montre pas, personne n'est là pour moi. Mais, dis moi…tu vas me dire ce qui s'est passé ou non ?
_Ben en fait, je voudrais te le dire, mais es-tu sûre de vouloir l'entendre ?
_Bien sûr, tu peux tout me dire ! Tu sais, je ne saurais pas à qui le répéter si c'est ça qui t'inquiète ! Puis j'en ai déjà entendu des choses moi ! Et si ça peut te soulager, dis-le !
_ Bon d'accord, si tu insistes ! Je me promenais avec mes sois disant " amies ", quand tout à coup, elles ont commencé à parler de toi. Je leur ai demandé d'arrêter mais elles n'en faisaient qu'à leur tête. Elles disaient des choses de plus en plus méchantes, et ça m'a énervé, alors je suis partie. Comme je n'ai aucun moyen de me calmer et que je suis sensible à ce genre de chose, ma dernière possibilité de me libérer était de pleurer. Je ne supporte pas que l'on dénigre une personne juste pour son plaisir perso, surtout qu'elles ne te connaissent pas. Elles parlent d'une chose qui leur est inconnue.
_Ce n'était pas la peine de te mettre dans un état pareil, va ! Surtout pas pour moi. Puis tu sais, avec tout ce qui se raconte sur moi, ce que les gens peuvent dire ou penser, ça ne me touche même plus.
_Tu es forte comme fille, ou tu caches bien tes sentiments, moi je n'y arrive pas. Ca va mieux maintenant, merci de m'avoir remonté le moral. "
Lena avait arrêté de pleure et Yulia en était heureuse. Elles parlèrent encore quelques minutes ensemble et décidèrent de se reposer pour la journée " escalade " qui les attendait.