Vivre caché

Chapitre 7




Arrivée au centre, Lena prit les affaires de la brunette et les déposa soigneusement dans leur chambre. Yulia s'allongea avec peine sur le lit de Lena. Elle avait décidé de dormir là, car monter l'échelle lui était impossible, vu son état. Elle était très surprise des attentions que Lena lui portaient, alors elle s'exclama : " Merci d'avoir attendu mon réveil à l'hôpital… tu n'aurais pas dû ! D'un ton gêné :
- Mais bien sûr que si, ne dis pas n'importe quoi ! J'ai eu très peur et je n'arrêtais pas de pleurer. En la regardant droit dans les yeux
- Tu t'attaches vite aux gens toi ! Jamais personne ne s'est inquiétée pour moi… même mes parents s'en foutent !
- Nan, je ne m'attache jamais vite aux gens, mais là, quand tu es tombée, j'ai eu la peur de ma vie… c'est bizarre ! " Yulia était de plus en plus étonnée de ce que lui disait sa colocataire. Lena s'approcha de Yulia qui était assise sur le lit, adossée au mur se trouvant derrière elle. Elles étaient maintenant côte à côte. La brunette prit la main de Lena en la regardant droit dans les yeux. Elle se sentait à présent en confiance et voulait lui avouer toute la vérité, quoique cela puisse engendrer. Même si elle savait qu'elle risquait de perdre Lena en lui avouant ses sentiments. La rouquine ayant sa main sous celle de Yulia lança un bref " Ne m'en veux pas ! ". Lena la regardait dans les yeux, et Yulia n'eu pas le temps de réaliser ce qui se passait. Lena s'approcha encore un peu plus, tout en la tirant pour la ramener vers elle, et l'embrassa. A présent, la brunette avait comprit le sens du " Ne m'en veux pas "… Lena souhaitait simplement l'embrasser. Cette dernière qui fut très gênée de son geste, baissa la tête et fixa le sol pendant quelques instants, puis finit par dire :
" - Excuse moi Yulia, mais maintenant tu sais ce que je ressens pour toi…
- C'était donc ça ? Et moi qui n'osais rien dire…
-Comment ça ? Tu veux dire que tu m'aimes comme je t'aime ?
-Oui ! Bien sûr que je t'aime. Mais toi… je ne comprends pas… je croyais que tu n'étais pas… C'est la première fois qu'un truc comme cela m'arrive, je ne sais plus trop où j'en suis.
- Oui je sais ! Mais moi aussi je le croyais, et pourtant je ne peux pas faire comme si je ressentais rien. Je t'aime et je dois suivre mon cœur. "
Les deux filles étaient heureuses que leurs sentiments soient réciproques, bien que Yulia ne comprenait pas trop. Elle n'en revenait pas, alors elle posa ses deux mains sur les douces joues de Lena et déposa un tendre baiser sur le bout de son nez. La majorette fit un large sourire laissant transparaître toute sa joie. Tout en se regardant fixement dans les yeux et toute chamboulées par ce qui leur arrivaient, elles s'embrassèrent langoureusement. Cela faisait longtemps qu'elles attendaient ça, et elles en profitèrent tant que cela était possible. En effet, elles auraient pu s'embrasser des heures durant, cela ne les aurait pas dérangées. Le temps passait vite, et déjà il était l'heure de dîner. Yulia qui avait encore mal aux jambes, et quelques courbatures dans les bras, décida de rester allongée. Avec l'accord des professeurs, Lena ramena quelques petites choses à manger dans la chambre. Elle rentra silencieusement dans la chambre et referma la porte à clef pour être sûr de ne pas être dérangé. Elle posa délicatement le plateau sur la petite table prévu à cet effet, en s'assurant de ne faire aucun bruit car la petite blessée s'était endormie. La rouquine trouvait ça très tendre. Elle s'assit sur le bord du lit quelques instants pour contempler la brunette, toujours dans un profond sommeil. Puis, elle s'avança vers elle, le plus doucement possible, et lui murmura à l'oreille " il faut te réveiller ". Elle lui fit un doux baiser dans le cou, passa sa main dans ses courts cheveux bruns. La marmotte ouvrit ses deux yeux bordés de larmes et fut ravie de voir que son amie était à ses côtés. Le temps de bien s'éveiller, les filles s'assirent sur le lit et Yulia qui avait sentit l'odeur des aliments lança :
" - Hummm ça sent bon ! C'est toi qui à ramener tout ça ?
- Ben oui c'est moi ! Ce n'est pas venu tout seul ici ! rigola Lena
- Tu es trop gentille avec moi ma chérie. Dit-elle en s'étirant
- Mais non mon ange, je prends soin de toi, c'est tout. "
Yulia l'embrassa pour la remercier, c'était la seule excuse qu'elle trouva, car elle l'aurait fait tout le temps si cela n'avait tenu qu'à elle, puis elles mangèrent leur repas.
Une fois fini, la blessée se recoucha et son hôtesse de chambre ramena le plateau en cuisine. Le soir arrivé, les filles parlèrent longuement de leur histoire. Lena appréhendait la réaction de sa famille en découvrant qu'elle n'était pas " normale ". Mais après tout, qu'est ce que la normalité ? Où est donc son seuil ? Yulia lui fit remarquer que personne ne le savait en ce qui la concernait et qu'il était préférable que cela reste comme cela. Lena approuvait ce que la brunette disait, car elle n'ignorait pas qu'elle avait plus d'expérience dans ce domaine qu'elle, pour qui c'était tout nouveau. En fait, il valait mieux que tout cela reste secret. Les deux jeunes filles s'endormirent sagement ensemble ce soir là. En y pensant, ni Yulia ni Lena n'avait été aussi heureuse depuis plusieurs mois, voir plus pour la petite rebelle. Peu importe ce que les autres allaient en penser, tant qu'elles étaient ensemble, rien ne pouvait les toucher.
Pendant tout le reste de la classe verte, les deux jeunettes restèrent ensemble, un maximum de temps. La capitaine du groupe, abandonna même ses amies les majorettes avec qui elle traînait depuis maintenant plusieurs mois déjà. Personne ne se posait de question sur cette soit disante amitié qui était née si rapidement. Lena ne culpabilisait pas d'avoir laissé les autres filles en plan, car elles ne la fréquentaient uniquement pour sa côte de popularité, et non pour ce qu'elle était réellement. De plus, elle savait que Yulia l'aimait pour ce qu'elle était et qu'elle était sincère, du moins elle s'efforçait de le croire. De son côté, la brunette qui était assez solitaire était contente d'avoir quelqu'un à ses côtés. Une personne qui puisse l'aimer comme elle l'aime, en qui elle peut avoir pleinement confiance.