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-Il fait presque jour, murmura Valentine en désignant du doigt la fenêtre. Je… Je n'ai pas vu le temps passer ! Et maintenant, il est trop tard pour rentrer ! Si je reste là, je vais brûler, je sens déjà les rayons matinaux sur ma peau ! -Non, s'écria Julie, non ! Viens, dit-elle en lui prenant la main et la conduisant dans le couloir. Quelques minutes plus tard, elles étaient dans la chambre de Julie, qui non seulement avait fermé le volet, mais qui avait en plus punaisé des draps foncés pour empêcher les derniers rayons de passer. -Ca ira ? demanda-t-elle en se tournant vers Valentine. -Oui, ce sera parfait, répondit celle-ci. Merci. Mais pourrais-je rester jusqu'à ce soir ? -Pour le moment, il n'y a personne et il n'y a pas de fenêtre dans le couloir et dans la salle de bain, donc tu ne risques rien… Et puis, je ferme la porte de toute façon, dit-elle tout en la verrouillant. Si quelqu'un arrive, nous aviserons, je te cacherai. Elle regarda ensuite la vampire d'un air taquin, sans bouger pour autant : -Tu sais que je suis amnésique, susurra-t-elle. J'ai oublié ce que nous faisions… Pourrais-tu me le rappeler ? En une fraction de secondes, Valentine était juste devant elle -Tu es rapide mon amour, s'amusa Julie, alors que plus aucune marque de frayeur ne transparaissait dans sa voix. -Et tu es loin de savoir tout ce dont je suis capable de faire, sourit Valentine, la plaquant délicatement contre la porte tout en approchant ses lèvres des siennes sans pour autant les toucher. -Ma sublime humaine n'était-elle pas sur le point de m'embrasser ? ajouta-t-elle en souriant. -Mais si, je pense bien que la mémoire me revient, répondit Julie sur le même ton badin en prenant possession des lèvres de sa bien-aimée. Elle n'avait pas remarqué, la lueur de tristesse passer dans les yeux de son héroïne lorsqu'elle avait prononcé ces mots. Valentine aurait tant voulu que la mémoire lui revienne vraiment, qu'elle se souvienne de son ancien prénom, Pauline et de tout l'amour qu'elles avaient partagé… Peut-être lui en parlerait-elle un jour, mais ce temps n'était pas encore venu, il était trop tôt et elle avait l'intention de profiter du présent, maintenant qu'elle avait su la reconquérir. Julie ne lui laissa pas le temps de réfléchir, déjà elle commençait à déboutonner la robe de sa bien-aimée : -Je veux être tout à toi ! murmura-t-elle d'une voix enflammée. Comment lui résister ? Valentine s'activa alors à la fermeture éclair du gilet de l'humaine. -Moi aussi, lui répondit-elle en souriant et en reprenant possession de ses jeunes lèvres. Mais lorsque toutes deux furent en sous-vêtements, la vampire remarqua une lueur de frayeur qui traversait les yeux de son tendre amour. -Tout va bien Julie ? lui demanda-t-elle tout doucement. Tu sais, si tu n'es pas prête… -Je suis prête, plus que jamais ! répondit la jeune fille. Tu seras la première et la seule pour moi de toute façon… C'est juste que je n'imaginais que tu puisses être si parfaite sous tes longues robes, ajouta-t-elle en rougissant alors que ses yeux lorgnaient la ferme et généreuse poitrine de sa bien-aimée avant de glisser vers sa fine taille si bien dessinée. -Mais toi aussi, tu es splendide ma belle humaine… Tu es a croqué, ajouta-elle en faisant semblant de sortir ses canines. Mais non, n'aie crainte, ria-t-elle devant la mine soudain plus inquiète de Julie, tu sais bien que je ne te ferai aucun mal. -Tu vas me payer ça, s'amusa Julie, en dirigeant l'élue de son cœur vers son lit en bois. Je n'ai pas ta force bien sûr, mais sinon je t'assure que je me serais venger. -Comme cela, demanda Valentine qui soudain se retrouva sur le lit, sans que sa moitié ait pu se rendre compte du déplacement. -Décidément, je ne m'y habituerai jamais, souffla Julie ébahie. -Tu viens me rejoindre ? lui demanda Valentine dans un sourire. Julie s'apprêta à s'exécuter, mais se sentit tout à coup soulevée du sol par une force qui lui paraissait invisible et, en un clin d'œil, elle se retrouva sur le lit aux côtés de sa chère héroïne. Nous avons simplement des séquences de mouvement plus rapides, ria Valentine en la serrant dans ses bras. Je suis si heureuse de t'avoir près de moi… Toutes deux reprirent alors leur sérieux et demeurèrent immobiles l'une contre l'autre pendant de longues minutes tout en se dévorant du regard. Puis Valentine se pencha sur la jeune humaine et se remit à l'embrasser sur la bouche d'abord, puis dans le cou avant de descendre plus bas. Le cœur battant à tout rompre, Julie entoura son cou pour l'inviter à continuer alors qu'elle sentait que son soutien gorge se dégrafait. -Je peux ? lui chuchota la femme-vampire inquiète de ne pas choquer sa chère humaine qui se contenta de sourire en rougissant. -Tu es splendide, mon tendre amour ! S'exclama-t-elle avant de l'embrasser sur tout le corps et de glisser sa main sous le dernier morceau de tissu qui recouvrait le corps de la jeune humaine. Puis, d'une main tremblante, Julie débarrassa à son tour la vampire de ses sous-vêtements tout en rougissant de plus belle. Julie trembla sous l'effet du plaisir qui la submergeait à chaque caresse de Valentine. Elle n'avait jamais ressenti une telle extase qu'entre les bras de sa chère vampire qui semblait ressentir exactement la même chose. Leurs émois durèrent jusqu'à ce que l'une et l'autre s'endorment enlacées, épuisées, mais heureuses.
Julie regardait en souriant le sublime corps de sa belle endormie à moitié recouvert d'un léger drap blanc, alors que ses longues mèches brunes étaient éparpillées sur sa peau diaphane. Sur la pointe des pieds, la jeune humaine quitta son lit et enfila ses vêtements avant de se diriger vers son petit bureau pour laisser un mot à sa dulcinée au cas où elle se réveillerait. Il serait bientôt midi, mais la maison était toujours aussi calme et vide… Un silence étrange et inquiétant. Intriguée de ne pas voir signe de vie de sa famille dans leur propre maison, elle tenta de les appeler, mais le répondeur succédait aux sonneries, sans que jamais personne ne décroche. Elle appela aussi celle qui se disait être sa meilleure amie avant son accident, mais là encore, elle tombait sur un mur. Se sentant un peu démunie, elle finit par aller dans la cuisine pour se préparer son lait tiède. Ils finiraient bien par réapparaître…
Alors qu'elle s'asseyait devant la fenêtre, comme à son habitude, le placard au fond de la cuisine, s'ouvrit soudainement dans un énorme fracas. En se retournant apeurée, elle vit son oncle devant elle, méconnaissable et menaçant avec ses longues canines pointues et son regard jaune haineux et perçant… |