What's love

Chapitre 2




 

J'entre dans la salle.

 

"Salut là dedans"

 

Mike, mon collègue, me sourit en me saluant, un café à la main. J'installe mon PC portable sur ce qui me sert de bureau et je souris en voyant la tasse de café fumante.

 

"Merci" je lui dis.

 

Tous les matins, ma tasse de café est posée au même endroit. On dirait qu'il me connaît par cœur. Il sait exactement comment je prends mon café, à quelle heure j'arrive et où je m'installe exactement sur le bureau.

 

Je bois une gorgée puis retire ma petite veste en jeans pour l'accrocher au porte manteau bancal. J'enfile ma blouse blanche puis je reprends une gorgée de café.

 

"Alors, qu'est-ce qu'on a aujourd'hui ?" je lance à mon collègue.

 

Il soulève le drap au dessus d'une jeune femme rousse.

 

"La fameuse victime dont ils ont parlé à la radio ce matin ?" je lui demande.

 

"Oui. Elle est arrivée il y a quelques minutes. Ray veut que ce soit toi qui l'examine"

 

"Génial" dis-je en grimaçant.

 

Je retire complètement le drap et attrape mon appareil numérique et mon dictaphone. Je prends quelques clichés de son visage et de ses marques apparentes avant de lancer le dictaphone.

 

Rapport du 22 janvier 2008. J'ai devant moi une jeune femme de type européen d'un âge entre 20 et 30 ans mais je pencherai pour 20-25. Elle est rousse. Couleur des yeux…

 

Je soulève une paupière puis l'autre.

 

Bleus tirant vers le vert.

 

Je frissonne. Ce sont les mêmes critères que les 3 précédentes. Les chances que ce soit le violeur de Birack sont grandes.

 

Elle porte des marques sur les bras et sur les jambes. On voit bien une trace laissée par une corde autour des poignets et des chevilles. Elle a les jambes bleutées par des coups et une rotule fracturée.

 

Je me perds dans mes pensées, imaginant cette femme en train de se faire torturer par ce monstre. Je ne peux pas m'empêcher d'avoir peur. Je suis rousse et mes yeux sont bleus-verts, comme toutes ses filles qu'il a violées et tuées ici.

 

Elle a une légère coupure faite avec une petite lame de canif au niveau de là où elle devait fermer son pantalon. On peut supposer que le violeur est allé trop loin en voulant ouvrir le pantalon avec son couteau.

 

Je fais le tour de la table et j'écarte légèrement ses jambes. Je frissonne à la vue de son sexe. Il était complètement violet presque noir tellement les coups ont du être forts.

 

Il n'y a même pas besoin d'une analyse pour constater que cette femme a été violée. L'aspect de la peau parle tout seul. Le sexe est gonflé et bleu d'hématomes impressionnants allant même jusqu'à ses cuisses.

 

Je prends des photos pour prouver mes dires devant mes supérieurs puis j'attrape un kit de prélèvement tout en expliquant ce que je fais pour l'enregistrement.

 

Une fois fini, je retire mes gants, les jette dans la poubelle et j'éteins le dictaphone.

 

"Mike, tu peux étiqueter ça et les ramener au labo" dis-je en tendant les échantillons à mon collègue.

 

"Tout de suite"

 

Il sort. Je m'installe sur un tabouret, le regard fixé sur cette pauvre femme.

 

Je sursaute, sortie de ma rêverie par un bruit soudain.







Depuis le 02/12/2008