What's love

Chapitre 23




 

Je chantonne la petite chanson qui passe en ce moment tout en attrapant la tasse dans l'armoire. C'est un vieux tube d'il y a quelques années. Je me rappelle l'avoir entendu dans la voiture quand j'attendais Yulia lors d'une de nos premières sorties en amoureuses.

 

Je me replonge dans les souvenirs de ce moment. Nous devions aller à la fête foraine, je devais passer la chercher et elle avait 10 minutes de retard, comme d'habitude. On a bien ri quand elle m'a expliqué qu'elle avait perdu son portefeuille alors qu'elle l'avait déjà mis dans son sac à dos.

 

Flash info :

Encore une nouvelle victime pour le violeur-tueur de Birack.

 

Mes pensées s'évaporent et je pose la tasse pour aller monter le son.

 

La jeune femme a été retrouvée chez elle, dans son lit, par sa mère qui passait la chercher pour aller au marché, comme d'habitude. Elle était attachée avec des menottes érotiques et ses yeux étaient bandés avec un foulard. Certainement un jeu sexuel qui a mal tourné. La victime était rousse aux yeux verts ce qui nous permet d'avancer que c'est encore un coup du tueur fou.

 

Je souris immédiatement. Pas que j'étais heureuse pour cette femme, au contraire, c'était horrible. Mais s'il y avait eu un meurtre cette nuit alors que Yulia était en prison, ça allait l'innocenter.

 

Tant pis pour le café du matin, je file au commissariat. J'attrape ma veste, mes clés, mon portable mais au moment d'ouvrir la porte, le téléphone sonne. Mince. Qui ça pouvait être ? Sûrement le père de Yulia ou elle-même. Je devais répondre.

 

Je retourne dans le salon pour attraper le combiné.

 

"Lena Katina ?"

 

"Oui"

 

"Ici monsieur Volkov. Je ne vous dérange pas j'espère ?"

 

"Non, je partais pour le commissariat à l'instant"

 

"Vous avez entendu les dernières nouvelles alors je suppose"

 

"A l'instant"

 

"Très bien. Je vous attends ici alors"

 

"Est-ce que Yulia est déjà au courant ?"

 

"Non" me répond-il avec un air interrogateur.

 

"Est-ce qu'il est possible de ne rien lui dire ? J'aimerais lui dire"

 

"Très bien"

 

Je sens son sourire dans sa dernière phrase.

 

"Alors j'arrive tout de suite"

 

Je raccroche et en moins de 15 minutes, je suis devant le commissariat. J'entre et vais directement vers le bureau de monsieur Volkov.

 

"Mademoiselle, vous ne pouvez pas aller par là" intervient un agent.

 

"Monsieur Volkov m'attend" je réponds simplement.

 

Au même moment, il sort de son bureau.

 

"Laissez Germain, je m'en occupe"

 

Il sourit en me tendant la main.

 

"Je vous accompagne aux cellules"

 

On descend l'escalier. Il marche devant moi.

 

"Je suis heureux d'apprendre que ma fille est innocente"

 

Je souris dans son dos, toujours en le suivant.

 

"J'en suis heureuse aussi"

 

On arrive. Il ouvre la porte et me laisse entrer. Il referme derrière moi, restant à l'extérieur, mais il ne referme pas à clé.

 

Dans la cellule, Yulia est couchée sur la banquette, visage tourné vers le mur, la vieille couverture trop fine tirée jusqu'aux épaules. Elle est enroulée sur elle-même comme pour se donner chaud et je la comprends. L'air de la pièce est froid.

 

Je m'approche d'elle doucement et je me mets à genoux à terre, à sa hauteur. Je pose ma main dans ses cheveux.

 

"Bonjour ma puce"

 

Je la sens bouger mais elle ne se réveille pas. Je recommence mon geste.

 

"Et alors, c'est comme ça que tu me salues ?"

 

D'un coup, elle fait un bon et se tourne vers moi pour me regarder. Son visage endormi se transforme en un sourire.

 

"J'ai cru que je rêvais"

 

Elle se jette à mon cou. J'ai l'impression de voir une gamine contente de retrouver sa meilleure amie. Ça me fait craquer.

 

"Mais qu'est-ce que tu fais là au fait ?"

 

Là, c'est à moi de sourire. Je passe ma main sur sa joue et j'observe ses réactions avec un regard amoureux.

 

"Je suis venue te sortir de là" dis-je en chuchotant avec une voix de complot.

 

"Euh, je ne crois pas que ce soit une bonne idée, tu sais. J'ai déjà eu assez de problèmes pour avoir fuit la dernière fois"

 

J'éclate de rire. Elle me regarde, sans rien comprendre.

 

"Mais non, bébé, tu es libre"

 

Ses yeux s'écartent comme des billes.

 

"Tu es sérieuse ?"

 

"Oui. Ton père m'a autorisé à t'annoncer la nouvelle. Il y a eu un nouveau meurtre cette nuit. Une rousse aux yeux verts donc tu es innocentée"

 

Elle se lève d'un bond et se jette sur moi pour m'embrasser partout sur le visage. Je la laisse faire un peu avant de la calmer.

 

"Et si on partait d'ici. Je t'offre le petit déjeuner" lui dis-je avec un large sourire.

 

Elle remet ses baskets et me regarde. Je me dirige vers la porte de la cellule que j'ouvre sans problème. Derrière, son père était toujours là, avec un sourire.

 

"Le médecin légiste vient de téléphoner. Tout est là pour désigner que c'est bien le tueur de Birack" nous annonce-t-il.

 

Il s'avance vers Yulia.

 

"Chérie, je suis désolée de ne pas t'avoir cru" dit-il en baissant un peu la tête.

 

Yulia s'avance vers lui et pose sa main sur son épaule.

 

"Tu as fait ton devoir papa, c'est normal"

 

Il sourit, relève la tête et nous regarde toutes les deux.

 

"Vous formez un beau couple. Soyez heureuses"

 

Consentement de notre union, que c'est beau !

 

Il me serre la main et fait une accolade à sa fille.

 

"Allez, Yulia a besoin de prendre l'air, je pense"

 

Elle me prend la main et on se retourne pour partir vers l'escalier, suivies de monsieur Volkov.

 

A la sortie, il nous fait un dernier signe et on rejoint notre voiture. Je passe de son côté pour lui ouvrir la porte et une fois à l'intérieur, je vais me mettre à ma place.

 

"Chez Johans', ça te va ?" je lui demande avec un sourire, sachant que c'est son café préféré.

 

"Impeccable"

 

Je démarre la voiture et au moment où je pose ma main sur le levier de vitesse pour enclencher la première, je sens sa main me rejoindre.

 

"Merci" me dit-elle simplement.

 

Je lève la main pour que nos doigts s'entremêlent. Je sens son pouce caresser ma peau et ça me donne des frissons.

 

"C'est normal que je fasse ça pour toi"

 

Je bouge le levier, elle retire sa main et je mets les miennes sur le volant.

 

"On va être tranquille maintenant. Toi et moi. Plus personne ne se mettra entre nous"

 

Je sais qu'elle n'a pas compris de quoi je parle exactement mais je sais que maintenant qu'elle est à moi, rien qu'à moi, je peux arrêter ma jalousie maladive.

 

"Je t'aime" me dit-elle simplement.

 

Je lui réponds "Je t'aime" et c'est une très bonne conclusion à toute cette histoire.

 

Tant qu'elle sera mienne, je n'aurai pas besoin de revivre cette dernière nuit…et toutes les autres.









Depuis le 12/09/2009