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Je souris légèrement à son allusion.
Elle a envie de m'embrasser. Et je ne sais pas si c'est le manque d'elle ou la soirée d'anniversaire, mais j'ai envie aussi.
Je me penche doucement sur elle et pose mes lèvres sur les siennes. Elle écarte les siennes pour laisser passer sa langue, frôlant les miennes. Je ne peux résister à faire de même et nos langues se touchent d'abord timidement avant de s'enrouler plus intensément.
Et comme à chaque fois qu'elle m'embrassait, j'avais envie d'elle.
Mais les souvenirs de notre histoire d'amour reviennent rapidement en tête. Des sautes d'humeur aux disputes en passant par les cris, les grossièretés, les portes qui claquent et les journées, seule, passées à pleurer.
Je l'aime toujours au fond de moi, mais je ne veux pas revivre ça.
Je recule doucement ma bouche de la sienne et pose mon doigt sur ses lèvres comme pour la calmer. Il faut que je trouve un sujet de conversation avant d'avoir envie d'aller plus loin.
"Et si on parlait ?"
Elle semble déçue. Son visage change d'expression. Elle soupire.
"Ok. De quoi tu veux parler ?"
Je passe ma main sur sa joue.
"Tu sais ce que je pense de tout ça, de nous deux. Ne fais pas cette tête s'il te plait, je culpabilise."
"Fallait pas me suivre dans mes avances."
Je baisse la tête. C'est vrai, j'aurais dû dire stop. Je n'aurais pas dû l'embrasser, mais…
"J'avais envie de ça. Mais j'ai pas envie de la suite et tu le sais très bien."
"Ouais. Passons."
Il y a un petit moment de silence entre nous. Je sais que je viens de lui faire très mal et ça m'énerve, mais de toute façon, dans cette histoire, soit je dis stoppe et je la fais souffrir, soit je fais ce qu'elle veut et c'est moi qui ai mal.
Je me redresse du divan pour prendre ma tasse et je bois une gorgée.
"Et si on parlait de Madeline" je lui dis d'un coup pour briser ce silence pesant.
"Je t'ai déjà raconté, tu veux savoir quoi d'autre ?"
Son ton est sec. La conversation va être dure.
"Tu vas aller voir les flics alors ?"
"Et me faire passer un sermon par mon père, non merci."
Je soupire.
"Yul, tu dois le faire. Tu es la dernière personne à l'avoir vue en vie."
"Et je suis donc un suspect potentiel."
"Je n'ai pas dit ça."
Elle se lève, énervée.
"Je peux quand même dormir ici cette nuit ?"
Je me lève pour la rejoindre et l'enlace par derrière.
"Bien sûr. Tu sais que je suis plus rassurée quand tu es là."
Oui, j'avoue, c'est une des raisons pour laquelle je lui ai demandé de rester chez moi. J'ai peur. Toutes les victimes sont rousses aux yeux bleus ou verts. Je suis rousse aux yeux bleus-verts. Alors oui, j'ai peur.
De son dos, je sens ses muscles se relâcher. Elle se retourne et me sert contre elle. Voilà, c'est de la Yulia là dont j'ai besoin. Ma protectrice. Mon âme sœur. Je prends quelques minutes pour sentir ses bras autour de moi, puis je relève la tête.
"On va dormir ?"
"Ouais" me dit-elle avec sa voix douce et rauque.
Doucement, je me détache et lui prends la main pour l'emmener à l'étage. Elle attrape un de ses tee-shirts larges qui traîne toujours chez moi.
"Tu veux aller à la salle de bain en premier ou je peux y aller ?"
"Non, vas-y, je t'en prie. Je préfère quand tu me chauffes la pièce."
Elle sourit et m'embrasse sur le front. Je la regarde partir dans la salle de bain. La porte fermée, je m'installe à mon bureau et allume mon ordinateur.
La page d'accueil s'ouvre sur les informations nationales comme d'habitude. En gros titre : Le violeur de Birack court toujours.
Les autorités ont confirmé que la jeune femme trouvée ce matin est bel et bien la 4ème victime du tueur en série qui sévit en ce moment dans ce petit village de Birack.
Décidément, notre village est bien connu ces derniers temps et pas pour de bonnes choses.
Je lis rapidement l'article qui parle des détails de la découverte, de la jeune femme et des recherches.
Mes yeux restent bloqués sur une ligne.
C'est impossible. |